Le printemps hésite, il fait doux mais la pluie inonde les champs et cogne sur les carreaux. Je me sens bien dans ma maison en France, cette bâtisse qui a connu la révolution. Un mal venu de l’Est commence à atteindre nos frontières, les media tournent en boucle sur le sujet et la Russie confine les personnes venues des pays les plus touchés. Ce qui m’aurait à peine arrêtée un instant une décennie auparavant attire aujourd’hui toute mon attention. Je prends mon café au petit matin en regardant notre bois de hêtres et de châtaigniers. Tout est calme, le vent fait vibrer les fougères et quand mes yeux se portent sur nos bouleaux, la Russie se rappelle à moi.