7 soeurs de Staline 2

Les sept sœurs de Staline

Rédac­tion d’un arti­cle dans le Bul­letin de Moscou Accueil n° 170.

Client : Moscou Accueil

Date : avril 2015

Les sept sœurs de Staline


En 1947, pour le 800ème anniversaire de la ville de Moscou, Staline décide de faire bâtir des gratte-ciel. La légende raconte en effet que, persuadé que le monde entier viendrait visiter Moscou, il souhaitait ainsi impressionner les visiteurs et leur montrer la puissance du pays qui avait vaincu l’Allemagne nazie.

Entre 1952 et 1955, 7 gratte-ciel sont donc construits, qu’on appelle les sept sœurs de Staline. Ils sont tous bâtis de la même façon, en forme de pyramide mais par des équipes d’architectes différents. Leur style est bien précis car il s’inspire à la fois du baroque, du gothique et du style des gratte-ciel américains des années 30. Ils sont indissociables du paysage urbain moscovite, symboles de l’architecture stalinienne.

Commençons par nous rendre à l’ouest, dans l’Arbat, à la découverte du ministère des Affaires étrangères de Russie. Ce gratte-ciel de 27 étages est situé sur le chemin de la datcha de Staline. Avant le début de la construction, on a créé une cité pour loger les ouvriers dans la banlieue de Moscou, baptisée « Solntsevo », qui est depuis devenue un quartier de Moscou. Aujourd’hui ce bâtiment abrite également le ministère des Relations Économiques Extérieures et le ministère du Commerce.

Pas très loin, nous allons voir ce qui était le plus haut bâtiment hôtelier de l’époque, l’hôtel Ukraine, rebaptisé aujourd’hui Radisson Royal Hotel. L’entrée, monumentale, est couronnée d’une flèche et des tourelles trônent sur les ailes du bâtiment. Les gradins sont couronnés de pyramides, d’obélisques et de vases en forme de gerbe de blé, symboles de la fertilité des sols d’Ukraine. Rénové et réouvert en 2010, il comporte 506 chambres, 38 suites, 5 restaurants, une salle de conférence et un club de fitness doté d’une piscine de 50 mètres. Dans le hall de l’hôtel on peut voir un diorama « Moscou, capitale de l’URSS » avec une maquette du centre de Moscou.

Si nous traversons la Moskva une fois de plus, nous découvrons la maison d’habitation sur la place Koudrinskaïa. Baptisée « maison des aviateurs », ses 450 appartements étaient principalement habités par des cosmonautes, des pilotes et des constructeurs d’avions. Cet immeuble ressemble un peu à un gâteau de mariage !

7 soeurs de Staline

Maintenant je vais vous demander un petit effort physique mais il faut bien éliminer les khachapouri de l’hiver, entre autres !!! Montons sur le mont des Moineaux (Vorobievy), anciennement mont Lénine. Je vous laisse deux minutes pour reprendre votre souffle en admirant la vue sur la ville puis retournez-vous, le gratte-ciel le plus élevé de la ville vous fait face. C’est l’université Lomonossov, haute de 36 étages et dotée de 111 ascenseurs. Ses ailes abritent les appartements des professeurs et des chambres des étudiants. Je vous invite à y entrer car je connais une étudiante qui loge ici. J’espère que vous avez votre passeport sur vous ! Vous allez voir que cette université est une véritable ville dans la ville : au rez-de-chaussée, on trouve une banque, une pharmacie, une supérette, des cantines et même une fleuriste ! L’idée de départ était que du premier septembre à la fin de l’année universitaire, un étudiant puisse vivre et étudier sans jamais sortir ! Nous sommes loin de l’Auberge espagnole ! Dans les étages, l’atmosphère est étrange et paraît surannée car les meubles, les décorations murales et les tapis élimés datent des années soviétiques. Passée la cuisine commune, au bout d’un long couloir, se trouve la chambre de mon étudiante ! Une boîte aux lettres est encastrée dans la porte mais personne ne livre le courrier ici. Il est en fait déposé dans une boîte commune en bas du bâtiment dans le hall. Sa cuisine se trouve dans un tout petit dégagement, la salle de bain avec douche est minuscule et deux chambres sont côte à côte, de 9 m² chacune, sommairement meublées d’une table, quelques étagères et un lit de 70 cm de large, oui vous lisez bien, ce n’est pas une faute de frappe !! En ressortant, nous apercevons des vélos d’enfants et des poussettes dans le couloir. Certains professeurs habitent ici en famille… 

Allons maintenant à l’est de la ville. Nous trouvons d’abord L’hôtel Leningradskaïa qui est le plus bas des gratte-ciel staliniens car il ne compte que 17 étages. Ce bâtiment ressemble davantage à une église, son vestibule étant décoré d’un relief représentant Saint Georges et d’une grille ressemblant à la grille dorée du kremlin.

Rejoignons le Kalso à deux pas où se tient le gratte-ciel de la place Krasnye Vorota. Ce bâtiment administratif comporte 24 étages disposés en gradins et jouxte deux immeubles d’habitation, hauts d’une quinzaine d’étages. Également décoré des armoiries d’URSS, sa façade est revêtue de calcaire, provenant de carrières proches de Moscou et son socle est en marbre rouge.

Enfin, et nous terminons à mon avis notre visite par la plus majestueuse des sept sœurs, la maison d’habitation sur la berge Kotelnitcheskaia. Elle est aussi surnommée la maison haute, « quai des chaudronniers » ou « l’immeuble de la Iaouza », car elle est située au confluent de la Iaouza et de la Moskova, à l’endroit même où se tenaient des échoppes d’artisans au 16ème et 17ème siècle. On raconte que de nombreux prisonniers auraient participé à sa construction. En gradin et ouvert en hémicycle, c’est le plus abouti des gratte-ciel moscovites. Il comprend 32 étages et sa tour octogonale est utilisée comme station météo. Les 800 appartements de cet immeuble peuvent accueillir 3500 habitants et ils donnent sur l’une des plus belles vues de Moscou : les deux rivières, le Kremlin et la cathédrale du Christ Saint Sauveur. Ils étaient jadis réservés à l’élite intellectuelle et culturelle : artistes (la ballerine Galina Oulanova dont vous pouvez aujourd’hui visiter l’appartement), écrivains, scientifiques et militaires, d’où son autre nom : « maison des sciences et des arts ». Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille de lire La Maison Haute d’Anne Nivat qui retrace la vie de quelques-uns de ses habitants.

Notre visite est terminée, j’espère qu’elle vous a plu et donné envie de courir les voir en vrai !  A bientôt ! 

Liera (diminutif russe de Valérie)

Valérie Chèze — Bul­letin de Moscou Accueil n° 170 — avril 2015

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