Interview Stéphanie Sénéchal

Stéphanie Sénéchal, fon­da­trice de Car­ré Russe, aujourd’hui un incon­tourn­able de la mode à Moscou.

Client : Car­ré Russe

Site Web : carrerusse.com

Date : juin 2019

Stéphanie Sénéchal, fondatrice de Carré Russe


Styliste modéliste de formation, spécialisation costumes de scène, Stéphanie a fait plusieurs séjours en Russie et commencé par créer sous franchise, un salon de robes de mariée et robes du soir sur mesure. En 2015 elle fonde Carré Russe, aujourd’hui un incontournable de la mode à Moscou.

Stéphanie parle-moi de ton parcours ?

J’ai toujours adoré les thématiques de couleur et d’ambiance. La marque de robes de mariée pour laquelle j’ai travaillé dans le passé a d’ailleurs été l’une des premières à proposer des robes de mariée de couleur. A notre retour de Corée du Sud en 2011, j’ai organisé des expositions d’art contemporain chez moi et en même temps assisté Laurence Pipon qui vendait des foulards à thématique russe. Laurence travaillait avec trois designers et nous avions le projet de développer sa société ensemble. Mais quand Laurence est rentrée en France en 2015, j’ai monté le business toute seule. Une chose rigolote entre copines au départ est finalement devenue un vrai projet professionnel.

Comment est née la marque Carré Russe ?

Avec « Les foulards de Laurence Pipon » Laurence était en première ligne et j’assurais l’organisation. Une fois Laurence partie, il a fallu changer ce format. J’ai donc réfléchi, observé l’univers de la mode et découvert des plateformes multimarques, en Italie et en Angleterre. Elles proposaient des collections de jeunes designers, spécialisés en accessoires de mode ou de décoration, et défendaient leurs petites séries, leur travail local, via des circuits courts et avec des thématiques fortes. J’ai donc créé Carré Russe pour rester sur le concept de la Russie, avec des designers russes mais aussi étrangers. J’ai élargi à l’accessoire de décoration avec les coussins au départ puis chaque designer a apporté sa touche personnelle.

« Une clientèle d’expatriés mais aussi de Russes »

Quels sont tes clients ?

Mon projet était de rebondir sur la clientèle d’expatriés qui achetait nos écharpes en soie, laine et en laine et soie au départ. Les expatriés sont en effet friands de cadeaux qui donnent une idée du pays dans lequel ils vivent mais un peu plus qualitatifs que ce qui se trouve à Izmaïlovo, qui est fait en Chine, est mal pensé et dans des matériaux bas de gamme. L’idée était donc de proposer un produit qui parle de leur expérience en Russie, qui permette de rapporter quelque chose et qui soit joli. Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup avec la communauté française, mais également avec les Allemands, les Hispanophones et les Anglo-Américains.

Commences-tu à toucher la clientèle russe ?

Nous sommes en train de nous développer de plus en plus et effectivement de toucher la clientèle russe, via Instagram notamment. Cela vient très doucement mais cela vient. Je sais par expérience que pour atteindre une cliente russe, il faut qu’elle nous ait vus sur plusieurs canaux, en général trois, pour oser sauter le pas.

Stéphanie il se trouve que vos produits sont en plus à consonance russe…

2015 nous a beaucoup aidés de ce côté-là. Les sanctions et le rejet de l’occident ont réveillé l’orgueil national et nous avons vu un réel regain d’intérêt pour les thématiques russes. Les Russes sont surtout friands de designers français et sont curieux de découvrir ce qui les inspire. Certains designers se sont même très bien développés depuis, l’une d’entre eux en particulier, qui a beaucoup de talent. Après avoir travaillé chez un grand couturier russe, elle a monté sa marque en 2014–2015 et remporte beaucoup de succès, tout en se concentrant sur les thématiques russes. Il y a donc un réel intérêt pour le sujet.

« C’est le talent qui fait la différence »

Quelles sont tes principales réussites ?

Notre principale réussite est justement notre site internet, qui fonctionne malgré tout et surtout le fait d’accrocher la clientèle russe petit à petit. Nous avons également élargi la base des designers, passant de 4 à 9 et agrandi nos collections, non seulement pour femmes mais également pour hommes. Nous avons maintenant des foulards de différentes tailles, de la soie, de la laine, du cachemire, du modal, du coton et soie. Nous vendons aussi toute une collection d’accessoires décoratifs pour la maison comme des photos, des coussins, des photophores, des sets de table.

Cherches-tu d’autres designers ?

Oui, je prends tout ce qui arrive mais je suis maintenant confrontée à un problème de qualité. J’ai notamment rentré une designer qui ne rencontre pas du tout de succès. 

A quoi cela tient-il ? Au design, à la qualité ?

Cela tient au talent. Il peut y avoir des idées, pleins de choses mais au bout du compte c’est le talent qui fait la différence.

As-tu identifié des éventuels échecs ?

Le principal échec concerne ce que l’on appelle le life style : les accessoires déco. Les clients viennent toujours pour les foulards. La première fois que nous avons posté une photo de Marie de la Ville Baugé sur Instagram, tout le monde a cru que c’était un foulard ! C’est vrai que notre fer de lance c’est le foulard donc nous devons développer davantage la déco. 

Comment envisages-tu l’avenir de Carré Russe ?

Je désire élargir la clientèle russe, je réfléchis à comment me faire connaître en province car nous avons un système de coursier et de commande en ligne. A partir du moment où ils connaissent le produit ils peuvent commander. 

« La Russie m’a permis d’oser entreprendre »

Que t’a apporté la Russie ?

Tout ! J’y ai appris à travailler toute seule, à oser entreprendre, j’y ai ouvert mon premier salon de robes de mariée, cela m’a apporté la confiance en moi. Si j’étais restée en France j’aurais toujours travaillé pour quelqu’un et je n’aurais jamais créé une société.

Stéphanie peux-tu nous dire un dernier mot ?

Venez nous voir car nous avons pleins de cadeaux, qui vont du plus petit au plus grand, dans tous les budgets, et ce ne sont pas que des foulards et des écharpes mais aussi des photos, des peintures, des coussins, des accessoires de déco qui ne parlent que de la Russie et de son territoire !

Interview menée et rédigée par Valérie Chèze, juin 2019

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