Mon atelier littéraire : les petites façons

Mon ate­lier d’écri­t­ure :

les petites façons

Vous avez envie d’écrire ? Les ateliers d’écriture vous tentent ? Voici des exemples de petits travaux pour vous donner l’eau à la bouche !

Afab­u­lachaise

Je vous pro­pose d’écrire la suite de ce petit texte, écrit par l’auteur du site https://www.entre2lettres.com :


« Nous sommes Fau­teuils de père en fils, depuis plusieurs généra­tions. Dans notre arbre généalogique, on trou­ve deux fau­teuils empire et même une bergère. Mon père était un fau­teuil de den­tiste, ma mère un fau­teuil à bas­cule. Il a tout per­du à la roulette, elle l’a quit­té pour se jeter dans les bras d’un fau­teuil d’orchestre.Enfant, quand je n’étais encore qu’un pli­ant, j’en ai beau­coup souf­fert. Mais après quelques séances sur un divan, je suis devenu plutôt relaxe ! »


C’est par­ti, vous avez 20 min­utes !

Du coup je me suis embar­quée clan­des­tine­ment dans un car­go en par­tance pour les îles déguisée en strapon­tin quel­conque. J’ai tra­ver­sé toutes les mers et par­cou­ru toutes les chais­es à por­teur… Mais comme j’é­tais chaise per­cée, je n’avais plus un rond en poche, j’ai dû me pos­er et pro­pos­er mes ser­vices en tant que chauf­feuse pour un vieux clic-clac un peu ban­cal. Un soir, allongée en fau­teuil relax sur la plage, m’est apparu, la toile bom­bée par le vent, le transat de mes rêves ! J’en ai per­du quelques clous, touchée par la flèche de capi­ton. Je me suis fait duchesse telle une princesse alan­guie, j’ai joué de mes charmes sous mes plus belles tapis­series, j’ai sor­ti le grand jeu et je l’ai piqueté dans ma chaise cabri­o­let. Il n’a pas pu résis­ter, je l’ai eu à la bas­cule ! Nous avons joué des ressorts toutes les nuits, c’é­tait un galon de pre­mière ! Mal­heureuse­ment, après m’avoir envoyé un accoudoir de trop, j’ai quit­té cette rela­tion dés empail­lée et suis rev­enue à ma bal­an­celle d’o­rig­ine. Le coeur gros, je me suis gar­nie comme jamais et je suis dev­enue une grosse pouf esseulée. Heureuse­ment, ma voi­sine d’as­sise, une chaise Parisi­enne très élé­gante, m’a emmenée aux Fau­teuils Bergères. C’est ain­si que je suis tombée com­plète­ment rem­bour­rée sur un tabouret de bar char­mant qui siro­tait un vod­ka-sofa. Nous sommes par­tis en ronds de chaise jusqu’à la ban­quette d’Or. Depuis nous coulons des jours heureux blot­tis l’un con­tre l’autre en dormeuse. Il est mon beau con­fi­dent, nous nous ameublons à mer­veille.

Mon atelier littéraire : les petites façons

Cather­ine Zins, mai 2020

Envie d’ailleurs

Lorsque vous n’êtes pas chez vous, qui, quoi ou quel lieu vous manque le plus?

Vous avez 30 min­utes.

J’aime la Provence. Ma Provence.

La Provence de Mar­cel Pag­nol avec son accent et ses cigales.

La Provence de Cézanne avec sa Sainte Vic­toire et ses joueurs de cartes. Aix-en-Provence et son Cours Mirabeau qui grouille de touristes l’été, d’étudiants l’hiver.

Les calis­sons du Roy René qui fondent dans la bouche.

Les mel­ons de Cavail­lons si sucrés.

J’aime le ciel bleu si pur, dont les nuages ont été chas­sés par le mis­tral. Le soleil si intense qu’il oblige à garder les volets fer­més durant la journée. Les soirées chargées de la chaleur accu­mulée, que l’on agré­mente d’un petit vin rosé et de quelques olives salées.

Mon atelier littéraire : les petites façons

J’aime rouler sur les routes désertes qui ser­pen­tent dans les collines, longer les champs de lavande, m’arrêter à l’ombre des pins, marcher dans la gar­rigue et ramass­er du thym.

J’aime descen­dre jusqu’à Cas­sis, rejoin­dre les calan­ques, cra­pahuter sur les chemins empier­rés et me rafraîchir dans les eaux de la Méditer­ranée.

J’aime les marchés ani­més, leurs étals col­orés et leurs odeurs chargées.

J’aime me laiss­er ten­ter par un bout de fougasse, un morceau de fro­mage, une ron­delle de saucis­son et revenir le panier plein de ces tré­sors à partager.

J’aime y retrou­ver mes repères. Con­stater que le café Le Fes­ti­val, où ado­les­cente je don­nais ren­dez- vous à mon amoureux, est tou­jours là, que le vendeur de piz­za Capri a tou­jours bou­tique ouverte et embaume la rue Espari­at de ses sen­teurs alléchantes.

J’aime y retrou­ver ma famille, mes amis, mes sou­venirs.

Provençale j’étais, provençale je suis, provençale je resterai.

Sophie Malac, mai 2020

Une cham­bre d’en­fant

Scrutez la pièce dans laque­lle vous vous trou­vez comme si vous la voyez pour la pre­mière fois. Faites comme si vous ne savez rien. Que voyez-vous ? Qui y habite ? Vous avez 30 min­utes.

Une cham­bre d’enfant. Plutôt bien rangée. A pri­ori une cham­bre de garçon : un poster de foot au mur, une cou­ette « Fier d’être Bleus ». Une com­mode. Rouge. Une table à taille d’enfant. Bleue. Rem­plie de con­struc­tions en Lego qui repro­duisent tous les mon­des imag­i­naires dans lesquels les enfants ont l’habitude de s’immerger. Un dinosaure en mousse de 40 cen­timètres de hau­teur. Un mini-fau­teuil. Con­fort­able. Une caisse de Play­mo­bils. Les cheva­liers côtoient les princess­es. Des ani­maux de toutes espèces se mélan­gent : chevaux, vach­es, cochons, dinosaures, croc­o­diles… il faut de tout pour faire un monde !

Mon atelier littéraire : les petites façons

Un bureau. Qui ne doit pas vrai­ment rem­plir sa fonc­tion pre­mière puisqu’il est parsemé d’objets hétéro­clites qui sem­blent avoir été glanés au fil des ans : un cail­lou, une lampe de poche, quelques pièces de mon­naie, un baume à lèvres. Et tout un tas de « trucs » improb­a­bles. À côté du lit, une pile de livres. Sur le haut de la pile, un tome de « La Cabane mag­ique » et son mar­que-page. Une étagère où s’accumulent des jeux de société, des puz­zles, des jeux de con­struc­tion. Et enfin, un sac en toile rem­pli de loco­mo­tives, de wag­ons et de rails : à la manière de Prévert, il suf­fi­rait de les assem­bler pour s’échapper de cette pièce con­finée et par­tir faire le tour de la Terre dans un wag­on doré…

Sophie Malac, avril 2020

Si Antoinette reve­nait

Choi­sis­sez la pho­to d’une per­son­ne dis­parue et imag­inez en un court réc­it ce qui se passerait si elle reve­nait.

Voici Antoinette, ma grand-mère pater­nelle, prise en pho­to devant chez elle, le 25 sep­tem­bre 1964 à l’âge de 66 ans, un cha­peau de paille sur la tête.

Mon atelier littéraire : les petites façons

Si Antoinette reve­nait, elle cro­querait la vie à pleines dents j’en suis sûre. Je n’ai fait que crois­er sa vie car à peine née depuis qua­tre ans, je l’ai sim­ple­ment sen­tie s’envoler sans m’en apercevoir. Mais les réc­its de mon père et de ses trois sœurs ont enrichi mes sou­venirs, ont nour­ri ma pas­sion pour cette famille pleine de joie et d’entrain.

Si Antoinette reve­nait, elle habit­erait très prob­a­ble­ment tou­jours en Cor­rèze, dans le petit vil­lage où elle avait vécu la plus grande par­tie de sa vie, dans sa demeure, avec son café et son épicerie, et la grange en face, où elle organ­i­sait ses bals du same­di soir. Ah ces bals « chez la Toinette », les jeunes du vil­lage plus tout jeunes s’en sou­vi­en­nent encore. Il paraît même qu’on venait de beau­coup plus loin, de Tulle et même de Brive. La salle ne désem­plis­sait pas. On y mon­tait par un escalier assez raide, on y dan­sait, on y buvait des canons, on y mangeait des sand­wichs aux sauciss­es au vin blanc, créa­tion d’Antoinette, qui finale­ment avait inven­té le hot dog avant l’heure. Et le plus impor­tant aux dires des­dits « jeunes », les jeunes filles y venaient sans chap­er­on, con­traire­ment aux bals des vil­lages alen­tours qui avaient lieu le dimanche après-midi ! On y vit même les célèbres accordéon­istes Mar­cel Vialle et Jean Ségurel jouer quelques valses et autres march­es à cer­taines dates.

Si Antoinette reve­nait, elle trou­verait les lieux changés : le puits du vil­lage du milieu de la route ? Dis­paru. Sa mai­son ? Restau­rée. Les pom­pes à essence ? Volatil­isées. Son potager et son pré ? Trans­for­més en parc. Son beau tilleul tout près de la mai­son ? Enfui. Sa grange ? Rénovée. Et celle du voisin ? Effacée…

Si Antoinette reve­nait, elle ver­rait débouler tous les étés la joyeuse bande de ses descen­dants. De Nantes, de Paris, de Limo­ges, de Bor­deaux et même de Moscou ils sur­gi­raient telle une marée d’amour, l’entourant de leurs bras aimants et l’embrasseraient à la faire presque tomber. Elle leur aurait pré­paré une blan­quette de veau, prob­a­ble­ment accom­pa­g­née de pommes de terre « à la blau blau »*, le tout servi dans ses assi­ettes fleuries en faïence. Le pain aurait été cuit dans le four à pain de la grange.

Si Antoinette reve­nait, elle trôn­erait, au bout de la grande table à ral­longes dépliée entière­ment pour l’occasion, son fils et ses filles près d’elle – tous seraient vivants encore – puis ses beaux-enfants – j’aime beau­coup ce terme, c’est telle­ment mieux que bru ou gen­dre — et enfin ses petits-enfants et ses arrières, tout au bout, avec Valen­tine et Antonin, les petits derniers, Antonin, Antoinette…

Si Antoinette reve­nait, à la fin du repas on chanterait, comme d’habitude. Son fils, qui était par­ti mon­ter sa chance à Paris et avait même fait un disque – mais c’est une autre his­toire — chanterait « Fais du feu dans la chem­inée », « Les feuilles mortes » et « Que serais-je sans toi », ses filles enton­neraient des chan­sons de Piaf ou « Les ros­es blanch­es », de leurs voix chevrotantes qui nous fai­saient tant rire petits.

Si Antoinette reve­nait, elle serait sur­prise de tout ce qu’elle nous a légué. Sa joie de vivre, son sens de la famille, sa force de car­ac­tère, sa volon­té, son courage et ce petit bout de terre, à l’entrée d’un tout petit vil­lage, dans un joli coin de France, elle qui vit en nous tous, pour tou­jours.


*à la va-vite

Valérie Chèze, juin 2020

Rendez-Vous Découverte

Le temps d’écrire vous accom­pa­gne dans la réal­i­sa­tion de tous les sup­ports écrits pour met­tre en lumière vos activ­ités.

Prenons ren­dez-vous en visio­con­férence pour faire con­nais­sance

et éval­uer vos besoins.

Le temps d’un clic et j’écris pour vous ! 

Abon­nez-vous à la newslet­ter !

Newslet­ter

Une source d’in­for­ma­tion utile à ne pas man­quer !

Des arti­cles tech­niques

Des ressources pra­tiques

Des liens utiles

Des bons plans