
Récit paru dans mon recueil L'échappée, éditions BoD 2023
J’ai toujours habité loin de la mer et pourtant c’est elle qui m’habite. L’immensité et les multiples dégradés de tons de bleus m’apaisent et me ressourcent. Ces bleus de l'océan...
Marine, comme la casquette d’un beau marin au pompon doux,
Cyan, comme la texture que j’étale sur ma toile,
Indigo, comme les draps de lin frais dans lesquels je me love, le soir, avec un livre,
Ciel, comme l’immensité lactée dont l’infini nous laisse rêveur,
Nuit comme ces myriades d’étoiles qui clignotent dans le firmament,
Pétrole, comme un navire glissant dans les vagues vers un port lointain,
Majorelle, comme les poteries et les faïences de ces jardins de Marrakech,
Turquoise, comme ces mers du sud, promesses de soleil,
Cobalt, comme le bleu d’un artisan,
Pastel, comme les lignes d’une aquarelle,
Azur, comme l’espérance de lendemains qui chantent,
Aigue marine, comme l’éclat d’un bijou,
Denim, comme mon jean préféré, usé par les ans,
Saphyr, comme la bague de fiançailles de ma maman,
Mer du sud, comme le pacifique des conquistadors,
Klein comme les toiles de ce peintre avant-gardiste,
Roi, comme l’océan qui ne se laisse pas dompter.
J’ai toujours rêvé d’habiter au bord de l’océan. Ce serait un appartement aux larges baies vitrées donnant sur une grande terrasse qui surplomberait la grande bleue. Aux beaux jours je descendrais nager et par tempête, je boirais mon thé fumant en lisant sur une méridienne, tout en observant le merveilleux spectacle des vagues roulant dans la fureur de la tourmente.